Agrégé d'économie et de gestion, titulaire du DESS de finance et du magistère Banque Finance de l'université Paris II (Panthéon Assas), diplômé de la Société britannique des Analystes Techniques (MSTA), de la certification Trader Eurex, du Certificate in Derivatives (SFA, Londres) ainsi que de l’accréditation américaine Series 7 (National Association of Securities Dealers).

Trophée de bronze de l'analyse technique des marchés financiers décerné par le public lors de l'édition 2009 du salon de l'analyse technique

Chief Technical Analyst au sein de deux cabinets réputés, trésorier d’un grand groupe, trader au sein d’un hedge fund à Londres et trader pour compte propre sur le marché américain. Directeur de la collection bourse aux éditions Eyrolles, j'enseigne le trading, l'analyse technique et la psychologie des marchés financiers à l'université Paris Dauphine au sein du Master 272 (Ingénierie économique et financière) et en licence d'économie appliquée.

   




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Face aux cours boursiers, le sage et l'ignorant sont sur un pied d'égalité. Ils ne savent rien, ou presque. L'affirmation de John Maynard Keynes date de 1937. Mais soixante-dix ans plus tard elle reste, plus que jamais, d'actualité. Sur les marchés, "c'est la pétoche noire, on ne comprend plus", résume plus prosaïquement un vendeur d'actions interrogé par l'AFP.

 

Les boussoles s'affolent. Tout craque. La sphère financière se délite. La bulle immobilière se dégonfle. Le pétrole flambe. L'inflation menace et inquiète. Logiquement, les traders sont crispés. En quelques mois, le CAC 40 a ainsi gommé trois ans de gains, ce qui représente des milliers de milliards d'euros partis en fumée. Dans les cinq jours écoulés entre le lundi 7 et le vendredi 11 juillet, le plongeon a été particulièrement brutal, l'indice parisien cédant 3,88 %.

A Londres, Francfort et Madrid, les marchés ont traversé les mêmes turbulences, avec des reculs respectifs de 2,79 %, 1,90 % et 3,35 %. A Wall Street, les déclarations rassurantes de Henry Paulson, secrétaire au Trésor, et de Ben Bernanke, patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), au cours de la semaine ont, par trois fois, évité le krach. In fine, le Dow Jones a reculé de 1,67 % % sur les cinq jours tandis que le Nasdaq a perdu 0,28 %. Le marché a résisté péniblement, mais pour combien de temps ?

"Personne ne peut dire si on a touché le fond. Ce n'est peut-être qu'un début", estime Gary Clarke, gérant chez Schroders. Selon l'agence Standard & Poor's, les indices pourraient encore refluer. De fait, les experts, qui avaient décortiqué les causes de cette drôle de crise des subprimes, ces crédits hypothécaires à risque américains, avaient laissé croire que le pire était passé. Qu'après les dépréciations massives des banques depuis septembre, la purge serait faite. Mais c'était compter sans l'effondrement continu du marché immobilier américain. Aux Etats-Unis, les saisies de maisons ont encore progressé de 53 % en juin. Les ménages en faillite, de plus en plus nombreux, ne remboursent plus leurs crédits hypothécaires ni leurs crédits à la consommation, ni leurs crédits automobiles, etc. "Nous sommes au chapitre deux de la crise des subprimes, avec la contagion à des crédits "normaux"", commente M. Clarke. Dans les comptes des banques, cela signifie que de nouvelles dépréciations sont à prévoir, les prêts ayant été transformés en produits financiers via la mécanique de titrisation. A l'approche des résultats trimestriels, le marché redoute donc le pire et "massacre" les valeurs financières.

Les traditionnelles rumeurs en périodes de trouble s'accumulent et amplifient les baisses. Cette semaine, le marché s'est fait peur après une note de Lehman Brothers présageant que Fannie Mae et Freddie Mac, les établissements américains de refinancement hypothécaire, en mal de capitaux, auraient besoin de lever 75 milliards de dollars (47 milliards d'euros). Leurs cours ont chuté de 45,42 % et 46,55 % sur la semaine. L'action de Lehman a quant à elle plongé de 36,85 % sur crainte d'une prochaine liquidation.

 
"C'est un phénomène auto réalisateur, s'inquiète Thami Kabbaj, professeur d'économie et ancien trader ; des baisses d'une telle ampleur sont injustifiées mais elles vont finir par vraiment mettre en difficultés les établissements." Les investisseurs ne sont pas au bout de leur peine car ils voient aussi s'amorcer la crise économique. Le marché immobilier reflue aux Etats-Unis mais aussi en Espagne, au Royaume-Uni, en Irlande. Parallèlement, les prix du pétrole explosent. Vendredi, les cours du brut ont atteint à New York un niveau historique de 147 dollars ; le même jour, les tensions géopolitiques au Nigeria et en Iran n'ont fait qu'attiser une hausse inouïe qui depuis des semaines contribue à réinstaller l'inflation dans les économies occidentales.

En Espagne, la hausse des prix atteint plus de 5 %. Les ménages, qui voient leur pouvoir d'achat amputé par la hausse des prix de l'essence et des produits alimentaires, n'ont plus le moral. La consommation devrait donc ralentir, la production industrielle flancher. Il y a comme "un goût de stagnation, une bouffée de récession", commentent les analystes de Bank of America. Dans ce contexte, "le marché fait son boulot", signale M. Clarke chez Schroders. Anticipant la baisse des bénéfices, les gérants ajustent les cours. La sanction est plus lourde à l'encontre des entreprises sensibles à la consommation comme les distributeurs (Carrefour, - 7,35 % sur la semaine) ou les constructeurs automobiles (PSA, - 7,31 %). Les compagnies aériennes sont aussi surveillées ; vingt-cinq d'entre elles, selon l'Association internationale du transport aérien, ont cessé leurs opérations ou fait faillite depuis six mois. Dans le CAC 40, ArcelorMittal et Vallourec font figure d'ovnis. Ce sont les seules valeurs en hausse depuis janvier 2008. Grâce à la flambée des prix de l'acier pour l'une, et pour l'autre, indirectement, de ceux du pétrole.

 
Claire Gatinois

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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /2008 15:48
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